Ils continuent d’être appelés : les jeunes et la foi aujourd’hui

Jean-Marie Petitclerc
Paris – Médiaspaul Editions – 2018 – 134 p.

On ne compte plus les publications du Père Petitclerc ; parmi ses apports aux sciences de l’éducation, il lui est dû, tout particulièrement, la diffusion de la pensée de Don Bosco, dont il a décisivement établi l’originalité, la pertinence et l’actualité ; Centrale est simultanément sa contribution à la pédagogie chrétienne. L’on retrouve dans cet ouvrage la même maîtrise intellectuelle des problématiques posées et la même clarté dans l’exposé de leurs données. Mais ce livre présente en outre une spécificité courageuse, car il débat de la « vocation ». Certes, contrairement à la représentation que ce mot pourrait induire, il ne s’agit pas d’un traité sur l’accession au sacerdoce ou à la consécration religieuse, même si c’est l’objet des derniers chapitres, et au terme d’une analyse des caractéristiques culturelles de la jeunesse et de l’adolescence d’aujourd’hui : c’est en effet en fonction de celles-ci que le positionnement religieux peut être saisi et compris. Très précisément, l’étude de cette classe d’âge, qui intrigue, inquiète ou irrite les plus âgés, révèle notamment chez elle un désir de « réussir sa vie », qui est irréductible à celui de « réussir dans la vie » ; Autrement dit, son vœu profond n’est pas d’acquérir biens et pouvoir, mais de « concevoir un amour qui donne sens à la vie » (p. 73). Tous voudraient « entendre un vibrant appel de l’espérance » (p. 81) et contribuer à créer un monde fraternel « de justice et de paix » (p. 83).

C’est dans ce contexte que, montre l’auteur, d’aucuns peuvent entendre l’appel spécifique à un statut de consacré et à une fonction prophétique. Oui, précise-t-il, « le Seigneur continue d’appeler des jeunes qui se portent candidats à la vie religieuse et à la vie sacerdotale » (p. 104). Encore faut-il que la réponse à cet appel soit bien vécue, élucidée et comprise, pour assurer durablement la joie spirituelle de celui qui y répond et maintenir l’authenticité en son ministère. Il y a là des questions complexes, qu’il s’impose de poser et dont on regrettera seulement que, malgré une forte référence à Xavier Thévenot, le Père Petitclerc ne poursuive pas ici l’approfondissement. Du moins lui sera-t-on, à bon droit, reconnaissant de les avoir posées dans toute leur acuité, en ce moment où la « crise des vocations » suscite au sein de l’Église une forte inquiétude.

Guy Avanzini