La charité de Saint-Vincent de Paul : un défi ?

Société nouvelle Gorini (SN Gorini)
Actes du colloque du 26 au 28 septembre 2017 – Bourg en Bresse – 2018 – 464 p.

Organisé à Chatillon-sur-Chalaronne du 26 au 28 septembre 2017 pour commémorer le 4ème centenaire de la création des confréries des Dames de la Charité de Saint-Vincent de Paul, ce colloque, à proprement parler, ne traite guère d’éducation. Il mérite néanmoins d’être évoqué ici, car il y fait très fréquemment et directement allusion. L’acte de charité est fréquemment un geste éducatif. Il se présente globalement comme attestant l’incessante créativité de la pratique caritative, que requiert nécessairement l’amour du prochain. C’est véritablement une histoire de la charité au quotidien, même s’il ne s’agit évidemment pas ici de réduire l’éducation à sa seule forme scolaire, qui n’en est qu’une modalité parmi d’autres. Plusieurs textes mettent en évidence des gestes qui ne sont pas seulement ponctuels mais visent un acte durable, propice à l’auto-réalisation d’autrui.

Sans entrer ici dans l’analyse détaillée des communications, nous voudrions seulement souligner l’initiative originale de charité que plusieurs d’entre elles, rassemblées ici, mettent en évidence. A cet égard, les chapitres relatifs au Diocèse de Lyon et à son environnement, notamment à la paroisse de Chatillon-sur-Chalaronne apportent une information précieuse sur l’état de la pastorale mais aussi des pratiques d’ordre éducatif. La mise au point de celles-ci, en préfigurant la pratique régulière et méthodique de la visite à domicile des familles pauvres, acquiert une précision et une pertinence qui permettent d’y pressentir ce qu’il est maintenant devenu classique d’appeler « l’éducabilité non formelle ».

C’est dire que cet excellent ouvrage montre comment le christianisme n’est pas seulement une doctrine mais engage ceux qui y adhèrent à une démarche globale en « immersion ». Et le rôle moteur de Saint-Vincent y est placé dans une lumière impressionnante.

Guy Avanzini