Les jeunes, la foi et le discernement des vocations : synode 2018

Documents de l’Episcopat – n° 2 – 2018

Le dossier est, en quelque sorte, parallèle à l’ouvrage du Père Petitclerc : Ils continuent d’être appelés, recensé par ailleurs. Il présente en effet la synthèse commentée des réponses reçues en vue du Synode d’octobre 2018 à un questionnaire adressé à tous les organismes centrés sur la pastorale de la jeunesse. S’agissant des sujets de 16 à 29 ans, cela correspond, en France, à 11 millions d’adolescents, et d’adultes : comment vivent-ils la foi chrétienne et comment, éventuellement, discerner chez eux un appel au sacerdoce ou à la vie religieuse ?

Quoi qu’il en soit des interrogations possibles sur la représentativité de leurs propos, force est d’en apprécier la significativité. On y trouve, de fait, l’expression précise des aspirations et difficultés en la matière. On y observe le désir, tantôt confus et tantôt explicite, d’une spiritualité qui donne sens à la vie, comme le désir de paix et de fraternité, enfin la volonté de réussir sa vie malgré le désarroi des sociétés contemporaines et l’insécurité qui résulte d’un horizon menaçant. On relève, chez beaucoup, le besoin de participer pleinement à la vie de l’Église et, notamment, le goût des grands rassemblements, comme à Lourdes ou à Taizé. Tous en aiment le déploiement liturgique et l’intensité de l’expérience fraternelle. On note aussi « un grand zèle missionnaire chez nombre de jeunes catholiques qui ont à cœur d’annoncer l’Evangile aux autres, en inventant avec passion et créativité de nouveaux chemins d’évangélisation » (p.20). Il demeure cependant, chez beaucoup, la crainte d’un engagement durable et l’insécurité à l’égard de soi-même et de ses capacités. A plusieurs, le mot même de « vocation » fait peur, « souvent reçu avec des connotations négatives… parfois synonyme d’enfermement, de recrutement ou d’embrigadement » (p. 21). Encore faut-il néanmoins ajouter le rôle décisivement porteur des familles pratiquantes, « lieu d’éveil et d’appel, même si elles peuvent se sentir démunies devant l’annonce d’une vocation » (p. 21). De même en va-t-il du rôle d’éveil que peut tenir l’Ecole Catholique. Tout cela confirme le rôle décisif d’un « accompagnement » de qualité. Echo fidèle des ambivalences d’un milieu perturbé, de la fragilité des repères et des personnes, beaucoup ne sont pas sûrs d’avoir entendu un appel dont la discrétion, sous forme de murmure, met la liberté à l’épreuve d’un choix dont le sujet saisit  bien,  néanmoins, l’exigence qu’il requiert et la responsabilité qu’il confère. Mais peut-être le meilleur critère de la validité de cette recherche est-il précisément la prudence de ses conclusions.[1]

Guy Avanzini

 

[1] Nous croyons bon de signaler ces documents de l’Episcopat, qui traitent aussi des problèmes de la jeunesse : Jeunes professionnels – n° 4 – 2017 et Volontaires en Eglises – n° 10 – 2017