Pour quoi avons-nous besoin de cette terre ?

 

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Anne Corvellec *

Résumé : « Pour quoi cette terre a-t-elle besoin de nous ? » (Laudato Si’, § 160). Si cette question du pape François invite à ancrer l’agir éducatif dans sa dimension téléologique, elle éclaire en retour —parce que « tout est lié » — la question qui nous concerne tout autant : pour quoi avons-nous besoin de cette terre ? Au cœur de l’année « Laudato Si’ », en quoi la réponse à ces deux questions nous donne-t-elle des clés pour apprendre à enseigner et à « éduquer autrement pour changer le monde » ? Confrontés à la pandémie du COVID-19, à ses impacts socio-économiques, et face à un avenir planétaire de plus en plus hypothéqué, nous voici convoqués au défi d’ouvrir « un chemin éducatif » (LS, § 15) au cœur d’une écologie intégrale inspirante et éthique.

Mots-clés : émerveillement, conversion, dialogue, vertus écologiques, communion

Introduction

La terre nous le rappelle : l’heure est venue pour nous d’écouter « la voix alarmée de la création »[1] pour recevoir de notre Maison commune ce qu’elle cherche à nous dire, dans le lien de fraternité qui nous unit à elle. Depuis le soir de son élection, le 13 mars 2013, le pape François n’a de cesse d’éveiller la conscience de l’humanité, que ce soit par son attention aux plus fragiles, par la profondeur de ses écrits sur l’écologie intégrale, ou encore par sa volonté de nous amener à « faire un pas de plus »[2] en cette année anniversaire de la parution de Laudato Si’.

« Ce n’est qu’en changeant l’éducation que l’on peut changer le monde »[3]. L’appel adressé à tous les acteurs du « village de l’éducation » est clair : voulons-nous, oui ou non, contribuer à la restauration du « Pacte éducatif global » et nous engager à renouer les alliances rompues entre frères et sœurs en humanité, entre l’humanité tout entière et la création, entre les différents acteurs de l’éducation des jeunes ? Voulons-nous prendre soin de la sauvegarde de la Maison commune et de l’ensemble de ses habitants, sans exception ?

C’est à la faveur des écrits de celui qui inaugura son ministère pétrinien en choisissant le nom du Poverello d’Assise que nous souhaitons encourager tout écosystème éducatif à déployer avec constance une triple dynamique : celle de l’émerveillement devant les dons reçus, celle de la « conversion écologique »[4] à vivre, et enfin celle d’une éducation intégrale qui vise à réconcilier l’humanité et la création tout entière.

I – S’émerveiller des dons reçus sur cette terre

Le premier mouvement qui inspire cette dynamique ternaire est un élan d’émerveillement qui ouvre à la gratitude devant les bienfaits reçus sur cette terre « qui nous précède et nous a été donnée » (LS, § 67). Notre planète est un don que Dieu confie à l’humanité pour que celle-ci reçoive des trésors d’émerveillement. Nos cinq sens sont-ils encore réceptifs à ce que Dieu nous offre chaque jour dans sa création ?

« Heureux celui qui s’émerveille et sait que, créé par Dieu,
il est aimé inconditionnellement de Lui »[5]

Le pape François nous rappelle les deux manières d’envisager cette terre : pour beaucoup, notre planète est « un système qui s’analyse, se comprend et se gère » (LS, § 76). Et cela est, de fait, indéniable. Nous pourrions nous arrêter là. Mais pour celui qui approfondit les merveilles des sciences de la vie et de la terre, notre monde éblouit l’intelligence, l’âme et le cœur par sa complexité, son harmonie, la richesse infinie de ses biodiversités. D’aucuns considèrent que la terre est le fruit du hasard ; d’autres envisagent ce monde comme « issu d’une décision, non du chaos ou du hasard, ce qui le rehausse encore plus. […] La création est de l’ordre de l’amour. L’amour de Dieu est la raison fondamentale de toute la création » (LS, § 77).

Comment dessiller notre regard et celui des jeunes que nous accompagnons par une pédagogie de l’émerveillement qui interroge en profondeur les écosystèmes naturels ? Comment faire grandir l’attention de chacun dans un monde de nouvelles technologies qui fragmente de plus en plus cette capacité ? « L’attention, à son plus haut degré, est la même chose que la prière. Elle suppose la foi et l’amour. »[6] L’acte d’attention à l’inouï de l’amour de Dieu qui s’offre à nous à chaque instant sur cette terre est un trésor à redécouvrir dans le « village de l’éducation ». Le défi éducatif est de taille : « la nature est pleine de mots d’amour, mais comment pourrons-nous les écouter au milieu du bruit constant, de la distraction permanente et anxieuse, ou du culte de l’apparence ? » (LS, § 225). Quels projets pédagogiques pouvons-nous penser, créer et mettre en œuvre pour révéler aux jeunes la bonté et la beauté de cette terre qui nous abrite et nourrit toutes les dimensions de notre être ? Comment déployer une pastorale qui appelle à contempler « l’Évangile de la Création » (LS, chap. II), ce « splendide livre dans lequel Dieu nous parle et nous révèle quelque chose de sa beauté et de sa bonté » (LS, § 12) ? Certains établissements proposent à leurs élèves des sorties en montagne ou à la mer pour les inviter à se déconnecter des multiples écrans qu’ils consultent chaque jour en vue de se reconnecter à la poésie de la nature. Comme il est bon de savoir quitter par moments le monde virtuel et ses artifices pour entrer dans le monde réel et ses bienfaits, et percevoir de la sorte « la pulsation même du don qui est celle de la vie : recevoir pour donner »[7] ! Il importe de goûter cette joie simple d’être au monde comme le manifeste le chant de la fauvette grisette qui n’est pas qu’« à visée utilitaire (écarter l’ennemi, attirer la femelle) » :

« Le chant juvénile, plus originaire que le chant ‘‘à motifs’’, plus riche en ses sonorités, et sans visée autre que lui-même. […] Autrement dit, quand la fauvette entonne en automne la ritournelle de son chant, elle ne fait que manifester par là la joie d’être une fauvette grisette. Et il est tout à fait remarquable que ce chant qui émane des profondeurs de son être ait une plus pleine musicalité que les chants dits fonctionnels. Comme s’il y avait une positivité de l’être dont chaque vivant est la fierté. »[8]

Ce temps de réception des dons de la nature est une expérience de grâce qui ouvre l’être humain à plus grand que lui. Doté de racines affectives, spirituelles, intellectuelles et corporelles, l’homme ne peut que s’interroger : d’où vient le don de son être, un « être reçu », « mis-dans-l’être et conservé dans l’être »[9] à chaque instant ? Nul n’est sa propre origine et pour apprendre le métier d’homme, nous avons non seulement besoin des bienfaits de cette terre, mais aussi de l’altérité qui fait vivre, grandir et devenir. Comment éduquer les jeunes à l’interdépendance où « chaque créature a une valeur et une signification » (LS, § 76), aussi fragile soit-elle ? L’observation attentive des écosystèmes naturels nous apprend combien chaque élément a sa place et son rôle à jouer au sein de la biodiversité. Prenons l’exemple des éphémères : leur espèce est apparue il y a plus de 300 millions d’années, et pourtant ces insectes ailés, dans leur vie d’adulte, ne vivent que 24 à 48 heures. Une vie ô combien fragile, mais loin d’être inutile car ils nourrissent oiseaux et chauve-souris et servent même de bioindicateurs d’eaux peu polluées au point d’être référencés dans l’IBGN[10]. Chaque espèce, aussi vulnérable soit-elle, a sa partition à jouer dans la symphonie de la création :

« L’interdépendance des créatures est voulue par Dieu. Le soleil et la lune, le cèdre et la petite fleur, l’aigle et le moineau : le spectacle de leurs innombrables diversités et inégalités signifie qu’aucune des créatures ne se suffit à elle-même. Elles n’existent qu’en dépendance les unes des autres, pour se compléter mutuellement, au service les unes des autres »[11]

L’observation attentive de ces interdépendances naturelles ne pourrait-elle pas contribuer à lutter contre le harcèlement en milieu scolaire ? Comment apprenons-nous aux jeunes cette hospitalité du cœur contre toute tentative de rejet, d’exclusion de celui ou de celle qui n’a pas encore les mots pour dire la dignité de son être ? Nous avons besoin de cette terre pour nous apprendre à devenir plus humains, plus fraternels et plus attentifs aussi à ce qui se passe dans notre Maison commune.

II – Vivre une « conversion écologique »

« La crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure. » (LS, § 217)

Comme l’a remarqué Fabien REVOL[12], le pape François nous invite à vivre une « conversion écologique »[13] qui suit la dynamique du sacrement de réconciliation car il s’agit de renouer la quadruple alliance de l’être humain dans son rapport à Dieu, à soi, à autrui et à la création tout entière. Après la confessio laudis (« confession de louange ») devant les dons reçus de Dieu que nous venons de mentionner, vient le temps pour se convertir[14] et ce, selon un mouvement en quatre temps.

Le premier temps consiste à « prendre une douloureuse conscience » (LS, § 19) de l’état de notre Maison commune (LS, chap. I) pour mesurer combien cette terre a besoin de nous pour lutter contre le réchauffement climatique, la disparition des forêts tropicales, le risque de « pénurie aiguë d’eau » (LS, § 31), les atteintes à la biodiversité, l’épuisement des sols et des ressources, les pollutions « toxiques », « visuelles » ou « sonores » (§ 44 ; lire aussi § 147), etc. Notre « sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle » (LS, § 1). Dans Laudato Si’, le pape François cherchait à nous faire comprendre l’inséparabilité de la fragilité des écosystèmes (« la clameur de la terre » LS, § 49, 50 et 53) et de la précarité des pauvres (« la clameur des pauvres » LS, § 50) car « tout est lié »[15] selon le leitmotiv de l’encyclique. La quatrième écobéatitude promulguée par l’Enseignement catholique de Lyon —« Heureux celui qui est attentif aux pauvres et à toute fragilité »— nous invite à porter notre attention à toute forme de pauvretés : environnementale, économique, sociale —avec l’apparition de « nouvelles formes d’esclavage » (§ 14)—, culturelle[16] ou, plus grave, existentielle. Comment dessiller les yeux des jeunes sur les dégâts du consumérisme effréné des pays occidentaux ? Ce paradigme a pour conséquence immédiate « la culture du déchet »[17] que le Saint-Père relie au « vide existentiel » (§ 204) qui habite dans le cœur de l’homme contemporain : « en effet, plus le cœur de la personne est vide, plus elle a besoin d’objets à acheter, à posséder et à consommer » (§ 204). Ici, l’enjeu éducatif est de taille pour les jeunes de nos établissements dont la solitude existentielle grandit face à la multiplicité des écrans : paradoxe contemporain de celui qui compense le vide intérieur par des hyperconnexions qui le détournent de la vraie relation à Dieu, à soi, aux autres et à la création. Comment redonner aux jeunes générations la saveur de cette quadruple relation ? Quels espaces d’intériorité, mais aussi de rencontre et de dialogue pouvons-nous inventer pour qu’ensemble, jeunes et adultes puissent réfléchir, confronter leurs idées, s’enrichir mutuellement de la parole de chacun ?

Le deuxième temps consiste à laisser monter en soi une « saine indignation » (QA, § 17) : « Il faut s’indigner, comme s’indignait Moïse (cf. Ex 11, 8), comme s’indignait Jésus (cf. Mc 3, 5) comme Dieu s’indigne devant l’injustice (cf. Am 2, 4-8 ; 7-12 ; Ps 106, 40)[18]. Avant la pandémie, nous avons observé une vague mondiale d’indignation des jeunes générations qui disaient à la fois leur prise de conscience de l’état de notre Maison commune, leur angoisse face à un avenir planétaire de plus en plus hypothéqué et leur envie d’agir et de mobiliser les adultes, notamment en les interpellant à reconnaître leur part de responsabilité.

Il s’agit là du troisième temps, comparable à celui d’un examen de conscience : reconnaître notre part de responsabilité personnelle et collective « vis-à-vis d’une terre qui est à Dieu » (LS, § 68). Nous n’en sommes pas les propriétaires, mais les gardiens. Elle nous précède et elle nous survivra. Elle est confiée à nos soins. Jeunes et adultes, tous, nous sommes concernés par ces prises de conscience à accueillir sans se flageller, mais en reconnaissant nos « propres erreurs, péchés, vices ou négligences »[19] si nous voulons nous réconcilier avec la création : quelle est ma part de responsabilité dans la dégradation de la Maison commune ? À quels endroits de ma vie cela se joue-t-il ? Et qu’est-ce que cela dit de mes pauvretés intérieures à convertir ?

Le quatrième temps correspond à la ferme résolution de se convertir en s’engageant concrètement dans la sauvegarde de la Maison commune. Comment éduquer les jeunes à suivre cette ferme résolution ? Le pape François propose plusieurs chemins possibles, le premier étant celui des petits pas : « par de petites actions quotidiennes ; les susciter jusqu’à en faire un style de vie » (LS, § 211). L’exemplarité est la voie royale dans l’éducation des jeunes qui nous observent beaucoup, nous, les adultes. Pratiquer les petites vertus dans chaque acte du quotidien et le faire avec amour est une posture éducative inspirante et modélisante. Il s’agira par exemple de ramasser des déchets dans la classe, dans la cour et de les jeter dans la bonne poubelle. Souvenons-nous de la passion de la petite Thérèse de « jeter des fleurs, c’est-à-dire de ne laisser échapper aucun petit sacrifice, aucun regard, aucune parole, de profiter de toutes les plus petites choses et de les faire par amour… »[20]. Un autre chemin éducatif consisterait à « repenser les itinéraires pédagogiques d’une éthique écologique » (LS, § 210). Il nous semble qu’il y a là matière à penser pour les communautés éducatives, depuis le projet éducatif de l’établissement jusqu’aux projets d’année, petits ou grands. Enfin, de manière plus élargie, le pape François nous suggère d’insuffler aux jeunes « l’amour de la société et l’engagement pour le bien commun » : c’est là « une forme excellente de charité » (LS, § 231).

Il en est convaincu : l’heure est venue « d’unir nos efforts dans une vaste alliance éducative pour […]  recoudre le tissu des relations en vue d’une humanité plus fraternelle »[21] au sein de notre Maison commune.

III – Éduquer pour réconcilier l’humanité et la création

Nous pouvons retenir quatre pistes majeures dans la pensée du pape François pour « faire un pas de plus » (QA, § 58)en cette année « Laudato Si’ ».

La première piste consiste à (re)créer des communautés éducatives apprenantes, passionnées par l’écologie intégrale. La conversion écologique nous concerne tous. Et si elle est d’abord personnelle, elle est appelée à être aussi « une conversion communautaire » (LS, § 219). Cela renvoie à la sixième écobéatitude (voir en annexe) : « Heureux celui qui sait que tout est lié et qu’il ne peut construire qu’avec les autres ». Le pape François insiste sur l’importance de « faire réseau » « pour renforcer l’initiative éducative et de recherche, en s’enrichissant des points forts de chacun. […] Faire réseau signifie créer des lieux de rencontre et de dialogue au sein des institutions éducatives et les promouvoir à l’extérieur »[22]. Comment pouvons-nous favoriser cette culture de la rencontre et du dialogue au sein de nos établissements autour de l’écologie intégrale ? Comment faire grandir l’interdépendance entre toutes les parties prenantes de l’écosystème éducatif : jeunes, familles, salariés, bénévoles, partenaires ? Car vivre cette interdépendance, c’est déjà vivre l’écologie intégrale.

À la suite du Poverello d’Assise, le pape François, comme il le faisait déjà dans son apostolat à Buenos Aires, encourage la culture du dialogue avec les plus fragiles :

« Mais si nous voulons dialoguer, nous devrions le faire avant tout avec les derniers. Ils ne sont pas des interlocuteurs quelconques qu’il faudrait convaincre, ils ne sont pas, non plus, un de plus assis à une table de pairs. Ils sont les principaux interlocuteurs desquels nous devons avant tout apprendre » (QA, § 26)

Comment associons-nous les élèves en difficultés à la table de la réflexion commune pour une approche intégrale ? Quel visage d’école inclusive proposons-nous ? Les écosystèmes naturels nous enseignent combien l’inclusion des vivants dans la biodiversité porte du fruit. Lors de son intervention aux Assises Laudato Si’, le 03 octobre 2018, le sociologue Henry DUCHEMIN[23], rappelait combien dans une ruche, maison commune des abeilles, il n’y a guère de logiques individuelles, mais seulement des réussites solidaires ! Quelle inspiration pour une éducation inclusive ?

La deuxième piste pour le pape François est de « chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux » (LS, § 139). Si nous voulons appréhender la complexité de notre quotidien avec ses trois marqueurs, particulièrement élevés ces derniers mois (incertitude / impermanence / incomplétude), il nous est bon de penser de manière globale et systémique car « tout est lié » :

« Chercher seulement un remède technique à chaque problème environnemental qui surgit, c’est isoler des choses qui sont entrelacées dans la réalité, et c’est se cacher les vraies et plus profondes questions du système mondial. »[24]

Alors, que pouvons-nous faire de plus, sans risquer de s’épuiser ou d’épuiser les communautés éducatives, déjà fortement mobilisées actuellement pour gérer le COVID-19 et sa part d’incertitude et de lassitude ? Nous pouvons mener une démarche appréciative en célébrant ce qui existe déjà au sein des établissements, en le mettant en valeur et en lumière sur le site de l’établissement par exemple. Nous pouvons aussi redonner un souffle nouveau au projet pédagogique de l’établissement en le reliant, chaque fois que cela est possible, à l’écologie intégrale. Nous pouvons aller plus loin en partageant nos aspirations profondes : comment voulons-nous contribuer à la sauvegarde de la Maison commune ? Quelle empreinte voulons-nous offrir à notre environnement local ? territorial ? national ? international (éducation au développement durable et à l’universel) ? Il s’agit de créer ensemble, pas seulement de corriger ou de nous adapter, mais bien plus de faire œuvre de création commune pour donner chair à nos rêves. Cette dynamique collective permet d’appréhender de manière plus large la complexité de notre monde.

La troisième piste se situe au cœur de l’acte éducatif. Si nous voulons viser une éducation durable et éthique, il nous est bon de cultiver des « vertus écologiques » (LS, § 88) :

« La grande écologie inclut un aspect éducatif qui provoque le développement de nouvelles habitudes chez les personnes et les groupes humains. […] Il n’y aura pas d’écologie saine et durable, capable de transformer les choses, si les personnes ne changent pas, si on ne les encourage pas à choisir un autre style de vie, moins avide, plus serein, plus respectueux, moins anxieux, plus fraternel. »[25]

Développer des habitudes écologiques, prendre de bons plis, cela demande du temps. Or, si nous manquons de temps bien souvent, il est un endroit où le temps peut devenir un bel allié : dans les écosystèmes éducatifs. Le temps de passage des élèves dans un établissement offre à l’ensemble de la communauté éducative le temps de les former, de manière durable, à « la mission que Dieu nous a confiée à nous tous : sauvegarder la Maison commune » (QA, § 19). Cependant, la mission est plus que délicate dans un pays comme le nôtre :

« Dans les pays qui devraient réaliser les plus grands changements d’habitudes de consommation, les jeunes ont une nouvelle sensibilité écologique et un esprit généreux, et certains d’entre eux luttent admirablement pour la défense de l’environnement ; mais ils ont grandi dans un contexte de très grande consommation et de bien-être qui rend difficile le développement d’autres habitudes. C’est pourquoi nous sommes devant un défi éducatif. »[26]

Comment relever ce défi éducatif d’enraciner toujours plus profondément les vertus écologiques qui fortifieront les leaders de demain aujourd’hui présents dans les établissements ? Demain, ces jeunes seront des salariés, des chefs d’entreprise, des indépendants, des enseignants, des éducateurs, ou peut-être même… des chefs d’établissements scolaires ! Outre toutes les connaissances que les équipes ont à cœur de transmettre, comment relier l’agir éducatif à l’écologie intégrale ? Ne serait-ce pas en enracinant notre arbre de vie (c’est-à-dire ce qui fait notre identité personnelle, professionnelle, associative, ecclésiale, etc.) dans un terreau de vertus écologiques, inspirantes et modélisantes pour les jeunes et les adultes que nous accompagnons ?

Des « vertus écologiques » ? Mais de quoi parlons-nous ? Le pape François n’en donne pas une liste à la suite, mais si nous croisons ses écrits, nous pouvons retenir cinq vertus, intéressantes pour tout écosystème éducatif. Chacune d’entre elles dit notre rapport au monde sous un angle particulier.

  • 1) La patience (rapport au temps)

L’observation attentive des écosystèmes naturels nous appelle à (re)penser notre rapport au temps. Celui-ci a été très fortement bouleversé par l’arrivée des nouvelles technologies (Internet, smartphones, réseaux sociaux, etc.). Le philosophe Michel SERRES a souligné le fait que nous avons vécu là une révolution aussi décisive que l’invention de l’écriture ou de l’imprimerie. Nous avons basculé dans l’ère de l’immédiateté, dans « la culture de l’instantané » :

« L’accélération continuelle des changements de l’humanité et de la planète s’associe aujourd’hui à l’intensification des rythmes de vie et de travail, dans ce que certains appellent ‘‘rapidación’’. Bien que le changement fasse partie de la dynamique des systèmes complexes, la rapidité que les actions humaines lui imposent aujourd’hui contrastent avec la lenteur naturelle de l’évolution biologique. »[27]

À l’ère du numérique, les bourgeons mettent autant de temps pour éclore, les arbres pour grandir et s’épanouir vers le ciel. Or, la « rapidación » que nous vivons impacte fortement notre rapport au temps, notre capacité d’attention, de concentration, mais aussi notre intériorité, notre rapport au silence, à la patience, à la contemplation, à la vie de prière. « Le numérique nous met sans cesse sous pression »[28] car voici que notre temps est devenu éclaté, fragmenté par la multiplicité des alertes, des notifications, des mails, des sms, etc., développant chez beaucoup la F.O.M.O. (Fear Of Missing Out), ce qui signe une haute forme de dépendance. Face à cette accélération du temps, le pape François nous invite à « ralentir la marche pour regarder la réalité d’une autre manière, recueillir les avancées positives et durables » (LS, § 114), voire à « nous arrêter pour retrouver la profondeur de la vie. » (LS, § 113).

Les sportifs de haut niveau ont des espaces-temps de ressourcement, des coachs sportifs, des kinés, des médecins pour prendre soin de leur mental et de leur corps. Ils ont du temps de récupération pour ces soins pour tenir sur la longueur. Qu’en est-il pour les chefs d’établissement qui sont courageusement à la barre au quotidien, à gérer leurs équipes, les imprévus, les urgences, les crises, les mails, le lien avec les jeunes et leurs familles, etc. ? Avec ces systèmes numériques qui ne dorment jamais, comment prendre soin de notre temps de récupération le soir, la nuit, le week-end, les vacances ? Quelle est notre écologie intérieure ? Et comment éduquer les jeunes des générations Z et Alpha, bien plus connectés que nous, à cette même écologie intérieure ?

  • 2) L’humilité (rapport au réel)

Le pape François nous le rappelle : « Nous ne sommes pas Dieu. La terre nous précède et nous a été donnée. » (LS, § 67). Cela peut paraître évident. Et pourtant… l’orgueil de se prendre pour Dieu n’est pas loin dans nos sociétés.

« La disparition de l’humilité chez un être humain, enthousiasmé malheureusement par la possibilité de tout dominer sans aucune limite, ne peut que finir par la possibilité de porter préjudice à la société et à l’environnement. Il n’est pas facile de développer cette saine humilité ni une sobriété heureuse si nous nous rendons autonomes, si nous excluons Dieu de notre vie et que notre moi prend sa place, si nous croyons que c’est notre propre subjectivité qui détermine ce qui est bien ou ce qui est mauvais. »[29]

Songeons aux lois pourtant dites « bioéthiques » qui font sauter les unes après les autres les garde-fous qui préservent la dignité de la personne humaine. Or le Saint-Père nous rappelle ceci : dès lors que « l’exercice d’une vertu s’affaiblit d’une manière généralisée dans la vie personnelle et sociale » (LS, § 224), non seulement cela impacte l’exercice d’autres vertus (par exemple, la vertu de la prudence), mais aussi « cela finit par provoquer des déséquilibres multiples, y compris des déséquilibres environnementaux » (LS, § 224).

L’humilité des fleurs, des oiseaux ou d’une brindille devrait nous inspirer pour nous relier à notre hauteur d’homme et de femme, à notre juste place en ce monde réel et non virtuel. Comment aidons-nous les jeunes à sortir du sentiment illusoire de la toute-puissance que procure le numérique ? Comment les aider à retrouver la joyeuse humilité qui fait de nous de simples créatures et non des idoles ?

  • 3) La tempérance (rapport à la liberté)

Quelle décroissance acceptons-nous de vivre pour grandir en liberté ? Comment éduquer les jeunes à cette vertu de tempérance que le pape François nomme « sobriété heureuse » ? Ils sont les acteurs de demain et auront à porter le souci social et environnemental que nous voyons poindre (enfin !) avec la loi PACTE[30]. Comment éduquer les jeunes à « la conviction que ‘‘moins est plus’’ » (LS, § 222) ? Comment les accompagner à la sobriété qui, « vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice » (LS, § 223) ? Les débats actuels autour de la 5G illustrent cette tension quant à la finalité. Que visons-nous ? Une efficience illimitée avec un impact environnemental lourd ? Ou une efficience mesurée, avec un souci de la Maison commune ?

« C’est pourquoi l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties. » (LS, § 193)

Ce qui est intéressant dans la pensée du pape François, c’est qu’à chaque renoncement consenti, il propose d’y mettre une part de sens qui aide à persévérer dans la vertu. Sans enjeu supérieur, l’exercice de la vertu risquerait en effet de s’affaiblir au fil du temps.

  • 4) L’hospitalité (rapport à soi et à autrui)

L’éducation ouvre-t-elle aujourd’hui à cette belle vertu de l’hospitalité ou au contraire, encourage-t-elle l’exclusion ? Pour le pape François, nous devons aller plus loin :

« L’éducation est aussi devenue trop sélective et élitiste. […] Le pacte éducatif a été cassé par le phénomène de l’exclusion. Nous cherchons les meilleurs, nous les sélectionnons […] et nous laissons les autres de côté. Le monde ne peut progresser avec une éducation sélective, car il n’y a plus de pacte social qui rassemble tout le monde. »[31]

Là encore, observons ce qui se passe dans la biodiversité : dans les écosystèmes naturels, chaque élément du vivant, aussi fragile soit-il, a sa place et son rôle à jouer, en interdépendance avec tous les autres membres du vivant. Comment apprenons-nous aux jeunes cette hospitalité du cœur pour que chacun, quels que soient ses talents ou ses difficultés, puisse jouer sa propre partition au sein d’un grand ensemble ? Comment veillons-nous à faire œuvre d’hospitalité ? Car il s’agit là non seulement de l’inclusion des élèves à besoins éducatifs particuliers, mais aussi de l’accueil de toutes les formes d’intelligences et des élèves les plus en difficultés. C’est pourquoi l’école devient aussi de plus en plus inclusive lorsqu’elle conjugue les trois langages suivants :

« Le langage de la tête, le langage du cœur, le langage des mains. L’éducation doit se diriger dans ces trois directions. Enseigner à penser, aider à bien ressentir et accompagner dans l’action, afin que les trois langages soient en harmonie […]. C’est ainsi qu’une éducation devient inclusive car tout le monde a une place ; et elle devient aussi inclusive humainement. »[32]

L’éducation à l’écologie intégrale cherche à honorer toutes les dimensions de la personne humaine car elle recherche l’unité, la complémentarité entre le corps, l’âme et l’esprit. Une éducation qui intègre l’hospitalité en nous-mêmes, mais aussi entre nous, ouvre à la vertu suivante.

  • 5) La justice (rapport à la fraternité humaine)

Depuis tout-petits, les jeunes sont particulièrement sensibles à l’exercice de cette vertu éducative lorsqu’elle n’est pas honorée à leur égard. Or, le monde dans lequel nous vivons malmène la justice intragénérationnelle et intergénérationnelle (LS, § 162), la justice entre les peuples[33], la justice envers les plus fragiles. Pouvons-nous penser et agir ensemble, jeunes et adultes, de manière à créer un monde plus humain, plus fraternel et donc plus juste à l’égard des plus pauvres ? L’encyclique Tous frères nous encouragera certainement à faire grandir la vertu de la justice au sein de la famille humaine.

Ce langage des « vertus » peut paraître désuet. Et pourtant, pas de plus grande fraîcheur dans une vie que de rechercher à les mettre en œuvre dans nos actes en vue du bien commun. Toute éducation —comme toute formation continue— devrait prendre soin du terreau de la naissance et de la croissance des vertus. Dans un monde de plus en plus complexe, offrir une colonne vertébrale de sens par les vertus n’est pas un luxe :

« Vivre la vocation de protecteurs de l’œuvre de Dieu est une part essentielle d’une existence vertueuse ; cela n’est pas quelque chose d’optionnel ni un aspect secondaire dans l’expérience chrétienne ».[34]

Enfin, la quatrième piste est majeure car elle intègre les trois premières. Pour le pape François, il s’agit de « proclamer l’Évangile à toute la création » (Mc 16, 15). À cet égard, donnons la primauté à la grâce du Christ et contemplons-Le, Lui, le Maître et Seigneur de la création :

« Le Seigneur, qui le premier prend soin de nous, nous enseigne à prendre soin de nos frères et sœurs et de l’environnement qu’il nous offre chaque jour. C’est la première écologie dont nous avons besoin. »[35]

Contempler le Christ dans son lien d’affection qui l’unissait à la création tout entière au point que « même le vent et la mer lui obéissent » (Mc 4, 41), c’est entrer dans le mystère de la grâce qui soutient la création en continu. Dans un monde plongé dans la « surconnexion » et le divertissement, au sens pascalien du terme, il nous est bon de redécouvrir « cette fraternité sublime avec toute la création, que saint François d’Assise a vécue d’une manière si lumineuse » (LS, § 221), à la suite du Christ. Nous avons besoin de cette terre pour nous réapprendre cette fraternité, qui est notre vocation originelle (cf. Gn 4, 9b). Le Pape François l’affirme dès le premier paragraphe de Laudato si’ : « notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence », mais aussi la condition de créature, de devenir et de destinée en Dieu.

Et ce n’est pas un hasard si le Christ, pour signifier la profondeur de notre lien de communion avec la création, a choisi deux éléments comme le pain et le vin, tous deux « fruit de la terre et du travail des hommes ». Grains de blé écrasés par la meule… grains de raisin foulés au pressoir… La création, dans ce travail irréversible, annonce le mystère pascal du Serviteur souffrant, « écrasé à cause de nos fautes » (Is 53, 5). Les oblats du pain et du vin inaugurent l’oblation irréversible, unique et éternelle, du Christ sur le bois de la Croix.

Chaque Eucharistie nous rappelle ce lien indéfectible de la création associée au mystère pascal :

L’Eucharistie unit le ciel et la terre, elle embrasse et pénètre toute la création. Le monde qui est issu des mains de Dieu, retourne à lui dans une joyeuse et pleine adoration[36].

Il nous revient donc d’être non seulement de bons gardiens de la création, mais aussi de célébrer avec elle le sacrement de la fraternité qui nous unit dans notre destinée en Dieu. Cette terre a besoin de notre intercession fraternelle pour « être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu »(Rm 8, 21)[37]. Comment prenons-nous soin de « l’espérance » de la création (Rm 8, 20) d’être sauvée par la grâce du Christ, dans ce lien de fraternité et de communion universelle ? Quelle pastorale déployons-nous en ce sens dans les établissements de l’Enseignement catholique pour faire grandir ce lien de communion qui se déploie sur terre comme au ciel ? Il ne s’agit pas de chercher à se sauver tout seul, mais bien de réconcilier l’humanité tout entière à la création afin que tous entrent dans l’acte salvifique du Christ.

Conclusion

Nous pourrions être découragés par l’ampleur de la tâche à accomplir dans un monde guidé par un si puissant paradigme consumériste. Et pourtant… Si nous choisissons d’enraciner notre « conversion écologique » dans un terreau de vertus qui s’épanouissent vers le Ciel, alors nous pourrons offrir au monde ce lien de fraternité que Dieu nous appelle à vivre « dans un merveilleux pèlerinage, entrelacés dans l’amour qu’[Il] porte à chacune de ses créatures » (LS, § 92). Restaurer au fil des jours ce lien de fraternité entre l’humanité et la création, c’est devenir artisan de paix : telle est notre écobéatitude à co-écrire selon la grâce de Dieu, au diapason des « battements de la création »[38] et de ses habitants. Puisse cet article contribuer à la réflexion des écosystèmes éducatifs sur les réponses à inventer et à offrir en leur sein, dans la créativité qui est la leur. Dans cette espérance, prenons soin de la vie et confions-la au Cœur de la Vierge Marie, « Mère et Reine de toute la création » (LS, § 241).

*  Adjointe pastorale du Directeur diocésain de l’Enseignement catholique de Lyon, Pôle Éducation.

[1] Pape François, Message pour la célébration de la journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, Rome, 1er septembre 2020, http://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/pont-messages/2020/documents/papa-francesco_20200901_messaggio-giornata-cura-creato.html

[2] Pape François, Querida Amazonia (désormais notée QA), Paris, Éditions Emmanuel, 2020, § 58.

[3] Pape François, Éduquer autrement pour changer le monde, Lyon, Éditions Peuple Libre, 2019, p. 50.

[4] Pape François, Laudato si’ (désormais notée LS), Paris, Éditions Emmanuel et Quasar, 2015, § 5, 217, 219s.

[5] Voir en annexe les douze « Écobéatitudes » promulguées par l’Enseignement catholique de Lyon le 03 octobre 2018, lors des Assises « Laudato Si’ ». Que soient ici remerciés mon prédécesseur, Charles LORIQUET, les membres de la Direction diocésaine de l’Enseignement catholique, ainsi que les chefs d’établissements du Rhône et du Roannais qui déploient de belles initiatives en ce sens. Voir https://assiseslaudatosi.fr/.

[6] Simone WEIL, Cahiers de Marseille, Cahier VI (hiver 1941-1942), in Œuvres, dir. Florence de LUSSY, Paris, Quarto Gallimard, 1999, p. 823.

[7] Pascal IDE, Puissance de la gratitude vers la vraie joie, Paris, Éditions Emmanuel, 2017, p. 36.

[8] Martine STEFFENS, Petit traité de la joie : Consentir à la vie, Paris, Salvator, 2011, p. 91s.

[9] Édith STEIN, L’être fini et l’Être éternel, Beauvechain, Nauwelaerts, 1998, p. 60.

[10] Indice Biologique Normal Globalisé.

[11] Catéchisme de l’Église Catholique, § 340, cité dans LS, § 86.

[12] Fabien REVOL-Alain RICAUD, Une encyclique pour une insurrection écologique des consciences, Paris, Parole et Silence, 2015, p. 175.

[13] LS, § 5, 217, 219 et 220.

[14] Remarquons que le Saint-Père reprend cette dynamique dans son Message pour la célébration de la journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création du 1er septembre 2020. Vid. supra, note 1.

[15] LS, § 16, 70, 91, 92, 117, 120, 138, 142 et 240.

[16] « La vision consumériste de l’être humain, encouragée par les engrenages de l’économie globalisée actuelle, tend à homogénéiser les cultures et à affaiblir l’immense variété culturelle, qui est un trésor de l’humanité. » LS, § 144, également repris dans QA, § 33.

[17] LS, § 16, 20, 22, 43 ; lire aussi § 123, ainsi que QA, § 58. Dans la pensée du pape François, la « culture du déchet » est aussi celle portée à l’encontre de la vie naissante comme de la vie qui s’éteint.

[18] QA, § 15.

[19] LS, § 218. Lire aussi § 66.

[20] Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes, Paris, Cerf/DDB, 1992, Manuscrit B, 4r°v°, p. 228. Lire aussi LS, § 230s.

[21] Pape François, Message à l’occasion du lancement du Pacte éducatif, Vatican, 12 septembre 2019.

[22] Éduquer autrement pour changer le monde, p. 51.

[23] Voir son intervention « Le goût du miel » sur https://www.youtube.com/watch?v=VWlZ70jDspU.

[24] LS, § 111.

[25] QA, § 58. Nous soulignons.

[26] LS, § 209.

[27] LS, § 18.

[28] Ludovic FRÈRE, Déconnexion, Reconnexion : Une spiritualité chrétienne du numérique ?, Paris, Artège, 2017, p. 113.

[29] LS, § 224.

[30] Promulguée le 22 mai 2019, la loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises) vise, entre autres, à mieux partager la valeur créée par les entreprises avec les salariés. Elle permet aussi aux entreprises de mieux prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux dans leur stratégie et d’inscrire dans leurs statuts une raison d’être avec « un ou plusieurs objectifs sociaux et environnementaux que la société se donne pour mission de poursuivre dans le cadre de son activité » (article 176, I, 1° et 2°).
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038496102/

[31] Éduquer autrement pour changer le monde, p. 37 et 39

[32] Ibid., p. 39. Nous soulignons.

[33] « Il y a, en effet, une vraie “ dette écologique ”, particulièrement entre le Nord et le Sud. […] La dette extérieure des pays pauvres s’est transformée en un instrument de contrôle, mais il n’en est pas de même avec la dette écologique. »
(LS, § 51s.).

[34] LS, § 217. Lire aussi § 211. Le nouveau Directoire pour la catéchèse le réaffirme : « Une catéchèse sensible à la sauvegarde de la création promeut une culture tout autant attentive à l’environnement qu’aux personnes qui l’habitent. Cela veut dire encourager une attitude de respect envers tous ; enseigner une conception correcte de l’environnement et de la responsabilité humaine ; éduquer la vie vertueuse, qui permet d’adopter des modes d’existence humbles et d’une grande sobriété, libérés du consumérisme […]. Conseil Pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Directoire pour la catéchèse, Montrouge-Paris, Bayard Éditions-Mame-Les Éditions du Cerf, 2020, § 383, p. 271. Nous soulignons.

[35] QA, § 41.

[36] LS, § 236.

[37] « Nous sommes par-dessus tout invités à nous rappeler que le destin ultime de la création est d’entrer dans le ‘‘sabbat éternel’’ de Dieu. » Pape François, Message pour la célébration de la journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, Rome, 1er septembre 2020, vid. supra, note 1.

[38] Ibid.

 

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Pour citer cet article
Référence électronique : Anne Corvellec, « Pour quoi avons-nous besoin de cette terre ? », Educatio [En ligne], 11 | 2021. URL : http://revue-educatio.eu

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