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Penser la vocation aujourd’hui : l’apport du synode des évêques sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel »

Nathalie Becquart*

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La vocation, une notion floue et mal comprise par beaucoup

Pour avoir eu la joie d’intervenir à plusieurs occasions sur la question de la vocation auprès de responsables et professeurs de l’enseignement catholique français ces dernières années, j’ai pu constater à quel point cette notion de vocation est perçue et reçue de manière très diverse. Celui qui a l’occasion d’écouter les jeunes, mais aussi les éducateurs, sur ce sujet sait à quel point ce mot « vocation » a des connotations variées, généralement négatives et parfois positives. D’une manière générale, ce mot de vocation reste flou pour beaucoup. Il est même souvent un mot qui fait peur ! Dans notre contexte français, mais aussi en bien des pays, ce mot-phare de la religion chrétienne s’est sécularisé et est devenu polysémique. Si vous tapez vocation sur Google vous verrez ainsi apparaître des articles comme « crise de vocation chez les pompiers », « nous n’avons pas vocation à jouer les pirates ! », « une équipe de foot avec des joueurs à vocation offensive ! » « G7, la France a retrouvé le rôle clé qui est sa vocation »… Pour certains la vocation fait d’abord référence au choix d’un métier. On parle ainsi de vocation de professeur, de vocation de médecin ou encore de vocation artistique. Pour d’autres, en particulier pour de nombreux chrétiens, la vocation ne concernerait que les prêtres et les consacrés. Pour la majorité des personnes, ce mot peu clair est donc appréhendé,  sans qu’elles en aient conscience, d’une manière très réductrice. Tel est d’ailleurs le constat dressé lors de la consultation préparatoire au synode des évêques sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel »[1] et résumé ainsi dans la synthèse nationale des réponses françaises[2] : « « le mot vocation – souvent reçu avec des connotations négatives – est parfois synonyme d’enfermement, de recrutement ou d’embrigadement ». Y est aussi relevé « la méfiance de la majorité des familles par rapport aux vocations entendues comme restreintes à la vie consacrée et presbytérale car elles redoutent cette vie pour leurs enfants. »[3]

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