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Utopie : une médiation pour penser l’école…

(Première partie)

Pierre Marsollier*

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Convenons-en, l’utopie n’a pas vraiment bonne presse. Ce qu’elle peut véhiculer comme suspicions de visions chimériques, de mirages idéologiques, ou pire encore de collusion avec des dérives totalitaires, semble le plus souvent la disqualifier dans le débat raisonnable et raisonné. Et cependant… « Aucune carte du monde n’est digne de regard si Utopie n’y figure pas »[1], tranche Oscar Wilde, avec l’outrance cynique qui lui est coutumière. Nous choisissons ici de rejoindre son parti pris, et de le mettre au service d’une réflexion sur l’école et sur l’éducation. En refusant que les avatars utopiques des idéologies, et leurs perversions, nous interdisent de penser avec l’Utopie. En refusant tout autant qu’un dévoiement gestionnaire de la politique, en lieu et place d’une vision du monde et d’un projet commun, discrédite un travail de la raison sur le champ des possibles. En refusant donc de nous priver de l’héritage de saint Thomas More, qui a offert à l’Occident, avec son Utopie, publiée en 1516, l’un des monuments de la littérature humaniste chrétienne. C’est bien en effet de politique et d’humanisme dont on parle ici ; et Wilde de poursuivre : « car il manquerait [à cette carte du monde] le seul pays où aborde toujours l’humanité. »[2]

Qu’est ce qu’une carte ? C’est un « état des lieux » et aussi un outil permettant l’exploration. On pourrait ainsi en quelque sorte « cartographier » l’école : réaliser un état des lieux, un état des lieux qui préparerait un projet d’exploration et inviterait à la découverte de terres nouvelles. Un tel travail ne saurait toutefois être contenu dans cette courte contribution… Nous conserverons néanmoins de la comparaison avec l’utilité d’une carte – et d’une carte où figure Utopie, le double intérêt d’un outil et d’un dessein d’exploration. Lire la suite