Archives du mot-clé Histoire éducation chrétienne

L’obligation d’éduquer la jeunesse : de la réaffirmation de la responsabilité parentale à l’invention lasallienne d’une nouvelle figure de maître d’école.

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Frère André-Pierre Gauthier, fec

1. La scolarisation des pauvres, entre nécessité pastorale et carences paroissiales.

À partir du concile de Trente et durant deux siècles, la monarchie et l’Église servent un objectif commun : assurer l’éducation religieuse et morale des enfants du peuple. L’initiative répond à la volonté d’éradiquer le protestantisme et à l’urgence de combattre les effets du péché originel – l’ignorance et la dépravation –, cause de la damnation. Or l’éducation des pauvres se solde souvent par un échec, et la pastorale paroissiale reste, en maints endroits, inadaptée, malgré la rénovation tridentine. Les clercs attirent les enfants au catéchisme mais les fidélisent peu. Leur enseignement, par manque de pédagogie, est abstrait. Ils négligent d’instruire les fidèles, quand, chez les protestants, « les plus grossiers artisans, et les femmes même et les enfants, selon Bossuet, [peuvent] citer l’Écriture et parler des points de controverse[1] ». Lire la suite

Origine et développement de la pédagogie chrétienne en Italie

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Giuseppe Mari

En Italie aussi, comme dans d’autres pays, le renouveau de la notion de pédagogie chrétienne voit le jour à la suite de la publication en 1879 de l’encyclique Aeterni Patris de Léon XIII. Dans ce document, comme nous pourrons le voir, le Pape entend faire face aux avancées de la modernité, en identifiant chez Thomas d’Aquin une structure propre à favoriser le renouveau d’une pensée – avant tout philosophique, mais également éducative – qui s’inspire de la foi. Sur le plan pédagogique, ce sera à Pie XI, avec l’encyclique Divini Illius Magistri, d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Lire la suite

L’aventure de l’éducation chrétienne en Europe

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Gérard Cholvy

Ayant visité Rome dans sa jeunesse, l’Anglais Edward Gibbon « était un jour au Capitole, plein de souvenirs. Tout à coup, il entendit des chants d’église, il vit sortir des portes de la basilique d’Ara Coeli une longue procession de franciscains essuyant de leurs sandales le parvis traversé par tant de triomphes. C’est alors que l’indignation l’inspira, il forma le dessein de venger l’antiquité outragée par la barbarie chrétienne, il conçut l’Histoire de la décadence de l’Empire romain », publiée entre 1776 et 1788[1]. Lire la suite