Géraldine Maugars[1]
Résumé :
L’article interroge la vulnérabilité comme chemin de fraternité dans les institutions éducatives. Partant de la reconnaissance croissante des fragilités, il met en garde contre une pitié qui, malgré de bonnes intentions, peut enfermer la personne dans son handicap, renforcer sa dépendance et produire une relation de supériorité. À l’inverse, l’accueil juste de la vulnérabilité suppose une communauté éducative fondée sur l’équité, les droits et l’autonomie. La réflexion s’appuie sur Rawls, Aristote et les stoïciens pour penser une éducation qui ne réduise pas l’élève à ses faiblesses, mais l’aide à développer ses ressources, son jugement et sa capacité d’agir. Apprendre à affronter les difficultés, à maîtriser ses émotions, à communiquer et à coopérer devient ainsi une voie d’émancipation, dans la relation à autrui. La fraternité ne procède donc pas de la vulnérabilité elle-même, mais d’une communauté juste et d’une éducation à la force et à la maîtrise de soi.
Mots-clés : vulnérabilité ; fraternité ; éducation ; pitié ; justice ; autonomie ; force ; stoïcisme ; communauté éducative ; pouvoir d’agir.
Abstract:
This article explores vulnerability as a path to fraternity within educational institutions. Starting from the growing recognition of vulnerabilities, it cautions against a pity that, despite good intentions, can trap individuals in their disability, reinforce their dependence, and foster a relationship of superiority. Conversely, a just acceptance of vulnerability requires an educational community founded on equity, rights, and autonomy. Drawing on Rawls, Aristotle, and the Stoics, the article envisions an education that does not reduce students to their weaknesses but helps them develop their resources, judgment, and capacity for action. Learning to confront difficulties, manage emotions, communicate, and cooperate thus becomes a path to emancipation in relationships with others. Fraternity, therefore, does not stem from vulnerability itself, but from a just community and an education in strength and self-control.
Keywords: vulnerability; fraternity; education; pity justice; autonomy; strength; stoicism; educational community; power to act.
Dans une tribune du journal Le Monde du 4 avril 2025, Bruno Dallaporta et Faroudja Hocini, s’interrogent sur un nouveau phénomène sociétal qui est la révélation par des personnes publiques de leurs vulnérabilités. La vulnérabilité du latin, de vulnus, vulneris signifie blessure. Les fragilités peuvent être de différentes natures : physiologique, psychologique ou sociale. Elles peuvent être temporaires ou définitives. Par exemple le journaliste Nicolas Demorand raconte dans son ouvrage ses troubles bipolaires, certains athlètes de haut niveau confient leur mal-être. Ces figures médiatiques ne se prétendent pas comme des êtres forts, surhumains mais montrent qu’elles partagent comme des anonymes un passé douloureux, un quotidien difficile ou des blessures ouvertes. Selon les deux médecins, cette médiatisation « nous inciterait à nous penser collectivement comme des êtres interdépendants, tour à tour aidés et aidants ». Dans cette perspective, la reconnaissance de la vulnérabilité serait un chemin de fraternité. Qu’en est-il dans les institutions éducatives ? Sont-elles des lieux non seulement accueillant les personnes fragiles mais permettant une véritable solidarité ? Suffit-il de reconnaitre chez autrui ses fragilités pour le secourir ?
1. La pitié dangereuse
Le Seigneur dit à Caïn : « où est ton frère Abel ? » Il répondit : « Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ?[2] ». La fraternité suppose que chaque homme est responsable de tout autre. Il ne s’agit pas seulement de ne pas attenter à sa vie comme Abel mais d’en prendre soin. Que signifie être le gardien de mon frère ? Comment alors prendre soin des plus fragiles dans les institutions éducatives ?
Le sentiment que l’on peut ressentir face à une personne handicapée ou malade est la pitié. Selon Rousseau, elle est « le pur mouvement de la nature, antérieur à toute réflexion. »[3] Elle est le signe de la bonté de l’homme qui lui permet de porter secours à celui qui souffre. Peut-elle un bon guide pour les éducateurs ? Le roman La pitié dangereuse montre comment elle peut au contraire fausser les relations. En 1913, le jeune sous-lieutenant Anton Hofmiller est invité à dîner chez les Kekesfalva, une des familles les plus riches de la contrée. Lors de la soirée il invite à danser une des filles de son hôte, Édith, n’ayant pas remarqué que cette dernière était paralysée. Voulant réparer sa maladresse et ressentant de la pitié, il vient alors la voir régulièrement. Il prend alors goût au « pouvoir mystérieux de la pitié ». Cette relation le distrait de sa vie monotone. Il ne s’intéresse pas vraiment à Edith mais à l’effet que sa présence produit sur elle. C’est qu’exprime très bien Nietzsche. La pitié n’est pas du tout un fondement de la morale, elle est une forme d’amour-propre. « Chaque fois que l’on ne fait le bien que par pitié, on se fait du bien à soi et non au prochain[4]. »
Le personnage de Hoffmiller est source de réflexions pour nos pratiques éducatives. Par exemple, la notation peut être empreinte de considérations sociales ou psychologiques. Un professeur peut ne pas appliquer son barème à la copie d’un élève vulnérable ou ajouter des points pour ne pas alourdir les difficultés rencontrées par l’élève. Cette façon de faire est injuste à deux titres. Certains élèves dont la vulnérabilité est invisible ou non connue ne bénéficient pas de tels égards. Ceux qui par bonheur sont en bonne santé et heureux dans leurs familles sont injustement traités. La notation est une évaluation performative, elle juge ce qui est produit et non le contexte familial, psychologique…
La relation entre Hofmiller et Édith place ce dernier dans une position de supériorité. Il se sent reconnu par Edith et sa famille. « J’avais laissé pénétrer en moi cette nouvelle aptitude à la pitié, il me semblait qu’une drogue était entrée dans mon sang […] je commençai à voir partout des occasions de m’occuper, de m’intéresser, de m’enthousiasmer[5]». A l’heure où les éducateurs ne se sentent pas reconnus dans leur travail mais au contraire déconsidérés voire méprisés, il est logique de se sentir utile. Il peut être difficile de discerner le ressort de nos actes : pourquoi aidons-nous tel élève ? Sommes-nous au service de sa croissance ou satisfaisons-nous notre besoin d’être appréciés ?
Édith, quant à elle est réduite à son infirmité est capricieuse, possessive et caractérielle. Son père et sa sœur pris de pitié sont aussi coupables de lâcheté. Ils refusent de lui dire qu’elle se leurre sur les sentiments de Hofmiller. La pitié est humiliante et finalement destructrice. « Elle se révoltait fréquemment contre ces mêmes égards, parce qu’ils lui faisaient sentir plus nettement son infériorité[6]». De même la relation peut être déséquilibrée entre l’élève vulnérable et les éducateurs. Il n’est jamais considéré comme autre chose que sa fragilité. Son identité est ramenée à son handicap ou sa maladie. On ne laisse pas croitre en autonomie.
Ignorer leurs vulnérabilités, ce serait leur nuire, leur venir en aide peut également leur nuire. Comment prendre soin de manière fraternelle d’un être vulnérable
2. L’accueil juste de la vulnérabilité
Le philosophe John Rawls nous en donne une manifestation concrète : comment instituer une société juste ? Cette théorie est particulièrement adaptée pour les communautés éducatives car elle s’oppose à toute conception utilitariste visant l’intérêt du plus grand nombre. Au contraire pour Rawls, une société juste doit être équitable. Il part de ce qu’il appelle une hypothétique position originelle dans laquelle les hommes sont placés derrière « un voile d’ignorance ». Ils ignorent tout de leur position sociale et de leurs préférences subjectives. Ils ne savent pas s’ils sont au chômage ou milliardaires, handicapés ou en bonne santé… Cette hypothèse intellectuelle pourrait être d’ailleurs l’occasion de mises en situations concrètes pour comprendre ce que vivent les plus vulnérables. Des activités comme circuler dans un fauteuil roulant, manger les yeux bandés… permettent aux enfants de se mettre à la place de leurs camarades et aux adultes de penser les espaces, les pratiques pédagogiques et l’accompagnent au quotidien.
Cependant comment prendre soin des plus fragiles sans exclure les autres ? Rawls fait l’hypothèse que les hommes placés derrière un voile d’ignorance choisiraient deux principes : le premier principe est celui de la liberté. « En second lieu : les inégalités sociales et économiques doivent être organisées de façon à ce que, à la fois, l’on puisse raisonnablement s’attendre à ce qu’elles soient à l’avantage de chacun et qu’elles soient à l’avantage de chacun et qu’elles soient attachées à des positions et à des fonctions ouvertes à tous[7]. » Les politiques de redistribution ne doivent pas porter atteinte aux libertés. « Le principe de différence […] semble bien correspondre à une signification naturelle de la fraternité : à savoir, à l’idée qu’il faut refuser des avantages plus grands, s’ils ne profitent pas aussi à d’autres moins fortunés. » Le premier principe ne doit pas être sacrifié pour le second. La justice se définit par l’égalité proportionnelle ou par l’égalité arithmétique. Elle passe alors par l’application du droit.
La loi handicap du 11 février 2005 a réaffirmé que les personnes en situation de handicap ont les mêmes droits que tout citoyen dans tous les aspects de la vie : éducation, emploi, santé, transports, loisirs, etc. L’objectif est par exemple d’assurer l’accueil et l’accompagnement des élèves handicapés en milieu scolaire ordinaire. La loi pose le principe de leur scolarisation dans l’établissement le plus proche, les établissements et services médico-sociaux intervenant en complément. La loi pose également le principe de l’accueil des étudiants handicapés par la mise en place de tous les aménagements nécessaires au meilleur déroulement de leurs études. Les aménagements comme un tiers temps aux épreuves peuvent lui permettre de compenser son handicap et d’être évalué dans les mêmes conditions que les autres élèves. L’application du droit est-il suffisant pour être fraternel ?
3. La fraternité dans la force
Le mythe de Prométhée repris par le sophiste Protagoras décrit l’homme comme un être déficient « L’homme est né nu, sans chaussures, sans couvertures, sans armes ». Il n’est pas équipé comme les animaux d’organes spécialisés dans des fonctions précises, il ne dispose pas d’un instinct c’est-à-dire d’un savoir-faire inné. L’homme est d’autant plus vulnérable qu’il est mortel mais cela ne nous rend pas fraternel. La mort donne alors à la vie un caractère fragile. Par conséquent tout ce que fait l’homme comporte un risque. « La maladie, fût-elle un bobo, la plus bénigne des migraines, le plus insignifiant des furoncles, la maladie n’est une maladie que parce que l’homme peut théoriquement en mourir[8] ». L’homme ne se réduit pas à sa faiblesse. Aristote qualifie l’homme comme l’être le plus intelligent en le définissant comme est celui qui est capable de bien utiliser le plus grand nombre possible d’outils »[9]. Par conséquent, l’homme pallie sa faiblesse naturelle par sa capacité intelligente à la dépasser. N’est-ce pas cette force le lieu de la fraternité ? C’est notamment la philosophie en tant qu’activité rationnelle qui recherche comment vivre avec les autres. Les stoïciens font d’ailleurs de la philosophie une médecine de l’âme. « Assurément il existe une médecine de l’âme : la philosophie. Pour en avoir le secours, il n’y a pas, comme pour les maladies du corps, à s’adresser au dehors, et nous devons déployons toutes nos ressources et toutes nos forces pour nous mettre en état de nous soigner nous-mêmes[10]. » Avant même d’aider les autres, il faut d’abord se « porter secours » selon l’expression d’Épictète. C’est une finalité éducative intéressante qui permettrait de ne laisser personne en proie à ses vulnérabilités dans une époque en proie à une violence accrue chez les jeunes. Depuis 2013, chaque établissement a l’obligation de mener des actes de prévention contre le harcèlement scolaire et de faire cesser ces actes. La méthode de préoccupation partagée est efficace mais n’apprend pas à la victime à se défendre. Les Stoïciens nous enseignent à agir en amont et ne pas seulement compter sur l’institution mais à compter sur nous-mêmes en nous rendant forts devant des attitudes hostiles. L’objectif serait donc pour les écoles d’outiller les élèves afin qu’ils apprennent à résoudre des difficultés avec leurs camarades. Comment « se porter secours » quand on est encore un enfant et donc dépendant des adultes ?
La philosophie stoïcienne se fonde sur la raison et la capacité de jugement. Pour les stoïciens, chaque acte est ainsi réfléchi. Toute situation est ainsi analysée et anticipée. « Lorsque tu dois entreprendre quelque chose, rappelle-toi ce qu’est la chose dont il s’agit. Si tu sors te baigner, représente-toi ce qui se passe au bain : on vous éclabousse, on vous bouscule, on vous injurie, on vous vole ; tu entreprendras cette œuvre avec plus d’assurance, si tu te dis tout de suite : « je veux me baigner, et aussi garder ma volonté en accord avec la nature »[11]. L’éducation passe par un affrontement au réel parfois décevant ou hostile. Les psychologues remarquent que certains enfants sont brimés à l’école aussi parce qu’ils ont été surprotégés dans la cellule familiale. Au contraire, à l’école primaire, les enfants apprennent à exprimer un conflit et à pouvoir le résoudre seul. « Le message clair » dont le déroulement est symbolisé par les cinq doigts d’une main. L’élève demande l’attention de son interlocuteur, il explique la situation, il exprime ses émotions et son besoin et vérifie que son interlocuteur a bien compris. Il termine en proposant une solution. Cette façon de faire permet d’apprendre très tôt à communiquer et à devenir autonome. Le théâtre comme la pratique des arts martiaux sont des activités qui par leur double dimension ludique et sérieuse nourrissent la confiance en soi, la maitrise des émotions tout en construisant des relations fraternelles. L’apprentissage se fait avec l’autre et grâce à l’autre.
Pour les stoïciens, il s’agit aussi d’identifier les objets qui nous rendent non seulement vulnérables mais complètement dépendants. Épictète distingue ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Les choses qui dépendent de nous (nos opinions mouvements, désirs, inclinations) c’est-à-dire toutes les choses qui sont de fait nous appartiennent. « Celles qui ne dépendent point de nous sont les corps, la réputation, les dignités ; en un mot, toutes les choses qui ne nous appartiennent pas. Il est impossible de les empêcher, elles risquent au contraire de nous affliger et nous rendre serviles. Il s’agit alors de discerner et d’accorder notre assentiment à une proposition. Le but est de construire une citadelle intérieure afin de lutter contre les troubles des passions.
Les enfants et particulièrement les adolescents sont très dépendants du regard des autres et donc très sensibles à leurs réputations. Les réseaux sociaux entretiennent des relations éphémères et provoquent des passions destructrices comme la haine, la jalousie, l’envie. Ils sont un terrain favorable pour le harcèlement. Plus généralement, les écrans provoquent une dépendance à l’apparence, à l’illusion et au mensonge. L’interdiction du portable dans les établissements scolaires est donc indispensable pour favoriser les interactions sociales et construire des amitiés solides. « La citadelle intérieure » ne peut se construire qu’en sollicitant la raison et le corps par des activités intellectuelles, spirituelles, culturelles, sportives…
L’homme libre ne peut-être que celui « qui se détache des choses extérieures pour s’appliquer à son propre vouloir et à ne désire rien qui lui soit étranger. Ainsi on distingue une liberté factice qui se manifeste l’asservissement du sujet à ses désirs et une liberté intérieure permettant au sujet de dépasser sa situation. Par exemple, « la maladie est une entrave pour le corps, mais non pour la volonté, à moins que celle-ci n’y consente ». On pourrait objecter aux stoïciens que leur philosophie n’est qu’une théorie et qu’elle semble impossible à pratiquer. C’est tout le contraire. Pour Épictète, le philosophe se reconnait non pas à son discours mais à ses actions. Cette philosophie est d’ailleurs appliquée par un avocat et homme d’Etat (Sénèque), un esclave (Épictète), un empereur (Marc-Aurèle). Les maximes s’appuient sur la vie quotidienne et sont l’occasion de véritables exercices spirituels. Le philosophe Celse rapporte l’anecdote suivante sur Epictète. Alors qu’Epaphrodite son maitre torturait sa jambe, Epictète lui dit « elle va cassée. » Elle est l’illustration de la maxime stoïcienne qui est d’apprendre à endurer les épreuves quand on ne peut pas les éviter. Il ne s’agit pas d’être insensible mais de ne pas se laisser emporter par les épreuves. La sagesse des stoïciens consiste à affronter la réalité, ne pas la fuir et d’agir quand on le peut. Ne risque-t-on pas de cultiver le repli sur soi ? C’est tout le contraire. L’homme doit se demander si son action est nuisible à la société. « Ne mets ton plaisir et ton acquiescement qu’en une seule chose : passer d’une action utile à la communauté à une action utile à la communauté, en pensant à Dieu[12]. » De même elle est un critère pour discerner le mal du bien. Les engagements des élèves, leurs participations à des activités au sein de l’établissement, le travail en équipe, la promotion de leurs projets construisent des liens durables et fraternels entre eux.
Ce ne sont pas les vulnérabilités qui permettent la fraternité mais une communauté juste et l’éducation commune à la force et la maitrise de soi.
Bibliographie
Aristote, Les Parties des animaux.
Cicéron, Tusculanes, t.2, III, III-6, trad.J. Humbert, Paris, Les Belles Lettres, 1968.
Épictète, Manuel, GF-Flammarion.
Jankélévitch L’aventure, l’ennui, le sérieux,1963
Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même, GF-Flammarion.
J.Rawls, Théorie de la justice.
Zweig, La pitié dangereuse, Le Livre de poche, 2018
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Pour citer cet article
Référence électronique
Géraldine Maugars, « La vulnérabilité : un chemin de fraternité ? », Educatio [En ligne], 17| 2026. URL : http://revue-educatio.eu
Droits d’auteurs
Tous droits réservés
[1] Préfet des terminales à l’ensemble scolaire Saint-Jean de Passy, Paris.
[2] Genèse 4, 2-16
[3] Second Discours, I, III-155.
[4] Puissance I, I, § 263
[5] Zweig, La pitié dangereuse, p.81
[6] Idem, p.79
[7] J.Rawls, Théorie de la justice, §1, p.29.
[8] L’aventure dans L’aventure, l’ennui, le sérieux,1963.
[9] Aristote, Les Parties des animaux.
[10] Cicéron, Tusculanes, t.2, III, III-6, trad.J. Humbert, Paris, Les Belles Lettres, 1968, p.5.
[11] Manuel, p.185.
[12] Livre VI, 7.
