Olivier Artus, Valérie Aubourg et Chiara Pesaresi (dir.),
UCLy / Vrin – 2025
Publié en 2025 par l’Unité de recherche CONFLUENCE de l’UCLy et la Librairie philosophique J. Vrin, cet ouvrage collectif de 252 pages rassemble les contributions issues du deuxième colloque scientifique de la Chaire d’Université Vulnérabilités, tenu en 2023. Il prolonge une réflexion engagée sur la vulnérabilité en élargissant celle-ci : il ne s’agit plus seulement de penser des personnes ou des groupes vulnérables, mais de reconnaître la vulnérabilisation des systèmes et des sociétés elles-mêmes. (UCLy)
L’intérêt majeur du livre réside dans l’articulation entre vulnérabilité et commun. Crises environnementales, fragilisation démocratique, transformations du travail, santé, numérique ou tensions sociales révèlent une interdépendance que nos sociétés individualistes tendent à masquer. La vulnérabilité devient ainsi moins une faiblesse qu’un révélateur : elle oblige à reconsidérer les conditions du vivre-ensemble et à rechercher de nouvelles formes de solidarité, de responsabilité et de coopération.
La dimension éducative est particulièrement stimulante. L’éducation apparaît en effet comme l’un des lieux où se joue la reconstruction du commun. Face à la crise des institutions et à l’affaiblissement du lien social, il ne suffit plus de transmettre des savoirs : il faut réapprendre la relation, l’interdépendance et la responsabilité collective. L’école et l’université peuvent devenir des espaces où l’on expérimente la coopération plutôt que la seule compétition, où la différence et la fragilité sont reconnues comme des composantes de la communauté, et où se forme une capacité à prendre soin des personnes comme des milieux de vie. Le colloque dont est issu l’ouvrage plaçait explicitement le système éducatif parmi les institutions à repenser.
Par son dialogue entre philosophie, théologie, médecine, droit, éthique, anthropologie, psychologie et sociologie, le livre propose finalement une anthropologie relationnelle de la vulnérabilité : c’est en reconnaissant notre fragilité commune que nous pouvons reconstruire du commun. Une invitation exigeante à faire de la crise non seulement un diagnostic, mais un levier d’espérance et d’éducation à la solidarité.
