Ni épreuve insurmontable ni faute irréparable
Christophe Lemardelé[1]
Résumé :
L’article propose une relecture de la dernière demande du Notre Père à partir des difficultés de traduction des termes grecs désignant l’épreuve et le mal. Il invite à comprendre la prière comme une supplication pour être préservé des épreuves et du mal, et recevoir la force de les affronter. Cette interprétation éclaire une anthropologie chrétienne de la vulnérabilité : l’être humain n’est pas défini par la faute ni par l’échec. Transposée à l’éducation, elle conduit à privilégier la réussite de tous, l’accompagnement des plus fragiles et l’apprentissage par l’erreur. L’échec ne doit jamais devenir une disqualification : l’enseignant aide chacun à progresser et à surmonter les épreuves collectives.
Mots-clés : Notre Père ; vulnérabilité ; épreuve ; mal ; christianisme ; éducation ; erreur ; réussite.
Abstract:
This article offers a reinterpretation of the final petition of the Lord’s Prayer, drawing on the difficulties of translating the Greek terms for trial and evil. It invites us to understand the prayer as a supplication to be preserved from trials and evil, and to receive the strength to face them. This interpretation illuminates a Christian anthropology of vulnerability: human beings are not defined by fault or failure. Applied to education, this leads to prioritizing the success of all, supporting the most vulnerable, and learning from mistakes. Failure should never become a disqualification: the teacher helps each individual progress and overcome collective challenges.
Keywords: Lord’s Prayer; vulnerability; trial; evil; Christianity; education; mistake; success.
