Archives de l’auteur : Soëtard Michel

Parole et liberté à l’école
Une réflexion à partir de quelques bonnes intuitions de l’Éducation nouvelle

Michel Soëtard*

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Résumé : L’auteur engage d’abord une réflexion sur l’entrée de l’enfant dans le langage et sur son cheminement social à travers celui-ci. S’appuyant sur les analyses des artisans de l’Éducation nouvelle et de ses pères fondateurs, Rousseau et Pestalozzi, il montre toute l’ambivalence du langage dès lors qu’il marque la rupture avec la nature originelle et engage l’individu dans le maquis social, tout à la fois arsenal pour, et tombe de la liberté. Il montre à quelles conditions peut s’organiser, dans un tel contexte, une pédagogie de la parole : autour de sa constitution la plus matérielle, autour de son usage social, autour de l’engagement à tenir parole. Cette dernière dimension appelle à son tour l’engagement à l’endroit d’une Parole divine qui donne à la parole humaine du pédagogue tout son sens sous la forme d’une exigence morale : le perfectionnement de la personne dans le respect de ce qu’elle doit être en même temps de ce qu’elle veut pour elle-même.

Mots-clefs : Éducation nouvelle, langage, liberté, parole, Parole divine, pédagogie, société, volonté morale.

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Education morale et pédagogie du coeur

Michel Soëtard*

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Résumé : L’auteur profite d’une réflexion sur la question, hautement d’actualité, de l’éducation morale à l’école pour situer le rôle de l’affectivité dans le cadre de la rationalité scolaire. Il montre les limites du modèle durkheimien, qui a dominé, et continue à dominer le système éducatif français : ce modèle, sérieusement mis en question sous les coups de boutoir d’une critique sociale qui, tout à la fois, consacre le règne de l’individu et déconstruit l’institution, ne fonctionne plus dans l’École du XXI° siècle sans engendrer d’insolubles contradictions. L’auteur propose alors un autre modèle, construit sur la distinction qu’introduit Rousseau entre conscience et raison. Partant de là, il montre qu’une pédagogie morale peut être mise en œuvre, qui articule la construction de la raison, tâche spécifique de l’École, sur une dimension du cœur qui porte la liberté et s’exprime dans la conscience. Il montre encore à quelles conditions une telle pédagogie, sollicitant l’intériorité de l’enfant, peut tirer le meilleur profit de la dimension religieuse.

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La démarche personnaliste en éducation

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Michel Soëtard*

Résumé : On n’a guère de mal à montrer que la pédagogie moderne est née en même temps que  l’on prenait conscience que l’enfant n’était pas une pâte qu’il s’agissait de modeler selon des projets et des idéaux définis en dehors de lui, mais bien une personne à part entière qui méritait dignité et considération pour elle-même. Cette avancée philosophique et historique décisive n’a pourtant pas su gommer la difficulté qui se présentait immédiatement : cette personne que l’on voulait autonome, responsable et capable de décision, n’avait pas d’autre chemin pour se former que celui des déterminations qui pèsent sur elle dès la naissance, de l’aliénation à laquelle elle se trouve soumise d’entrée par l’éducation, des influences multiples qui  la modèlent… La visée de la personne comme idéal a ainsi dû s’articuler sur la réalité d’un individu qui prétend bien marquer bien son territoire. La grande tâche de l’éducateur fut alors, telle que Rousseau la met en scène dans son Emile,  et telle qu’elle persiste encore pour nous : comment associer, dans l’action pédagogique, la visée d’un accomplissement de la personne dans son essence, et son ancrage dans une individualité qui n’accepte pas de se laisser réduire à une belle Idée ? Lire la suite

Pédagogie et christianisme une nouvelle alliance ?

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Michel Soëtard

Résumé : L’article s’efforce de lever le malentendu qui s’est instauré entre le christianisme et la pédagogie moderne, depuis Rousseau et sa fameuse controverse avec l’archevêque de Paris, Christophe de Beaumont. Il montre que, si l’univers de l’Emile rend assurément caduques un certain nombre de certitudes sur lesquelles s’était construit l’humanisme platonico-chrétien, il restitue tout son sens au christianisme, dès lors que la pédagogie ne se réduit pas à un naturalisme, mais qu’elle met en œuvre un projet d’humanisation qui dépasse la seule connaissance positive de l’enfant et son arsenal scientifique. Michel Soëtard veut prendre ici en compte la Profession de foi du vicaire savoyard, qui est pour ainsi dire la matrice de l’Emile. Ce texte, qui a désarçonné les contemporains de tous bords, met en oeuvre, au cœur de la pédagogie, une dimension de foi qui, dans son rapport à la personne en particulier, n’est pas étrangère à la foi chrétienne. Lire la suite