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Collège Sainte-Croix de Neuilly (1911- 1927) : élite humaine, élite sociale, élite sportive, élite chrétienne.

François Hochepied*

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A la rentrée d’octobre 1910, ce sont environ deux cents élèves, dont la moitié de nouveau, qui intégraient le collège Sainte-Croix de Neuilly articulant en son sein un internat et un externat ; la moitié venait de Neuilly ou de Paris, l’autre de la grande banlieue.

Pour en faire une place forte des écoles diocésaines de Paris, c’est à Pierre Petit de Julleville (1876-1948) que le Cardinal Amette[1], archevêque de Paris, avait confié la reprise en main de ce collège fondé en 1856 par les pères de Sainte-Croix, dont la succession, après la loi de 1901 qui l’avait privé de ses meilleurs maîtres, ne s’était pas déroulée avec efficacité dans les domaines de l’instruction, de l’éducation et, évidemment, du recrutement des élèves :

« Les Pères de Sainte-Croix, congrégation enseignante d’origine récente, recrutés en majorité dans l’ouest de la France, qui devaient par la suite exercer leur influence au Canada et aux Etats-Unis, avaient fait le possible en confiant leur succession à d’anciens professeurs. Mais le corps sacerdotal n’était pas fourni par le diocèse et se recrutait péniblement ; le nouveau directeur, jusque là professeur de philosophie, n’avait pas les qualités nécessaires à un administrateur, si bon prêtre qu’il fût »[2]. Lire la suite

Le Père Henri Didon (1840-1900) et une certaine conception de l’élitisme

Jean-Jacques Bruxelle*

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Dans la plupart des cas le mode de gouvernance d’un pays et son organisation sociale se présentent comme un millefeuille dont la partie supérieure constitue l’élite qui le gouverne et lui assure une certaine stabilité. Or, la question centrale de la formation des élites se pose pour influer sur le projet politique et la vision du monde à construire dont nous rêvons. Dans le dernier quart du 19ème siècle, la France est sous le régime d’une République, la IIIème. Elle cherche à stabiliser ses fondations par la mise en place d’institutions propres à l’asseoir. L’idéal républicain sur fond d’esprit de revanche, après la défaite de 1870, fixe une ambition pour la France. C’est ainsi que :

  • L’école primaire devient gratuite, laïque et l’instruction obligatoire ;
  • La diffusion de la langue française est primordiale pour l’unité du pays ;
  • La religion est considérée comme ne devant plus présider au destin du pays[1];
  • L’encouragement des progrès scientifiques et technologiques est au service du développement économique et industriel

Pour autant , c’est une période de grande instabilité institutionnelle[2], et c’est dans ce contexte politique, éducatif, économique et nationaliste qu’Henri Didon, Père dominicain, directeur du complexe scolaire Albert le Grand, à Arcueil, entre 1890 et 1900, guidé par un Idéal, inscrit son œuvre d’éducation et son projet de renouvellement de la France, par la formation de la jeunesse. Lire la suite