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La personne dans l’œuvre écrite de Madeleine Daniélou

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Blandine-D. Berger*

« Le problème de l’éducation est toujours fondamental.
Il l’est particulièrement dans un temps comme le nôtre
où les cadres de la vie sociale sont laïcisés,
où tant de courants de pensée se croisent,
où chacun doit,
dès sa jeunesse, et parfois dès son enfance,
chercher par soi-même
les chemins qui mènent à Dieu
[1] ».

Madeleine Daniélou n’était pas une théoricienne. Elle mettait en premier la connaissance intuitive et l’expérience, confiante dans la vie qui se charge de nous instruire et de guider nos dons. Elle aimait Pascal et Péguy, l’un parce que c’est un philosophe de l’expérience, – et l’expérience de Dieu -, l’autre, Péguy, parce qu’il touche à la terre jusque dans sa poésie et sa prose la plus sublime. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne croyait pas à la raison : au contraire, elle voyait les choses avec un grand recul, une vraie distance. Et s’il est vrai qu’elle n’est pas une philosophe au sens moderne du mot, elle a néanmoins une culture philosophique étonnante pour son époque. A l’agrégation –dite « pour les femmes »- qu’elle passa en 1903, avant son mariage, une des épreuves majeures était littéraire et philosophique tout à la fois. C’était un sujet sur l’éducation ! Elle fut reçue première… Lire la suite

Quand s’éveille la personne…


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Marguerite Léna*

Une étudiante coréenne, venue en France faire de la philosophie et de la théologie, me disait que sa plus grande et précieuse découverte concernait le sens de la personne. Formée par la tradition confucéenne, qui définit chacun par l’ensemble de ses rôles sociaux, et l’évalue par les standards purement quantitatifs de la réussite scolaire, elle découvrait une autre manière de concevoir la formation humaine, qui en modifiait radicalement les perspectives. Il faut prendre la mesure de cette découverte. Dans une Europe vieillissante, souvent en proie au désenchantement, dans des institutions d’enseignement confrontées à tous les défis que l’on sait, il est peut-être précieux de revenir à cet héritage, reçu à la fois de la Grèce, de Rome et de Jérusalem : l’homme n’est pas le pur produit de la nature et de la société ; tout homme est une personne, toute personne a une inaliénable dignité, et la tâche de l’éducateur est de permettre l’émergence de cette vie « en première personne » hors de laquelle il n’est que conformismes aveugles ou repliements individualistes. Lire la suite