Archives par étiquette : Relation éducative

L’élève capable et vulnérable.

Pour une anthropologie de la relation éducative à la lumière de Paul Ricœur et de la tradition lasallienne

Frère André-Pierre Gauthier[1]

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Résumé :
La notion de vulnérabilité, qui s’impose dans les discours anthropologiques et éducatifs, permet de contester la représentation d’un sujet autosuffisant. Mais son usage risque de définir l’élève principalement à partir de ses fragilités ou de ses déficits. En s’appuyant sur l’anthropologie développée par Paul Ricœur, cet article propose de comprendre l’élève comme simultanément capable et vulnérable. La vulnérabilité n’est pas ici le contraire de la capacité mais la condition au sein de laquelle les capacités s’exercent. Cette conjonction permet de dégager un fondement anthropologique de la relation éducative. Parce que les capacités de l’élève sont réelles, sans être immédiatement actualisées, elles requièrent des médiations de reconnaissance, de durée et de confiance. La tradition éducative initiée par Jean-Baptiste de La Salle peut être relue, sans prétendre à une filiation historique avec Ricœur, comme porteuse d’une intelligence pratique de ces médiations. L’école apparaît comme un lieu où l’élève est reconnu capable avant même de pouvoir pleinement attester de ses capacités. Cette lecture interroge la singularité du projet de l’école catholique, une singularité anthropologique qui ne résiderait pas d’abord dans l’énoncé de valeurs particulières, mais dans sa capacité à instituer des relations où la fragilité n’abolit jamais le possible.

Mots-clés : Paul Ricœur ; Jean-Baptiste de La Salle ; anthropologie de l’éducation ; homme capable ; vulnérabilité ; reconnaissance ; relation éducative ; confiance ; autorité ; école catholique

Abstract:
The concept of vulnerability, which is becoming increasingly prominent in anthropological and educational discourse, enables us to challenge the notion of a self-sufficient individual. However, its use risks defining the pupil primarily in terms of their weaknesses or shortcomings. Drawing on the anthropology developed by Paul Ricœur, this article proposes an understanding of the pupil as simultaneously capable and vulnerable. Vulnerability here is not the opposite of capacity but the condition within which capacities are exercised. This conjunction enables us to identify an anthropological foundation for the educational relationship. Because the pupil’s capacities are real, even if not immediately realised, they require mediations of recognition, duration and trust. The educational tradition initiated by Jean-Baptiste de La Salle can be reinterpreted – without claiming any historical connection to Ricœur – as embodying a practical understanding of these mediating factors. The school emerges as a place where the pupil is recognised as capable even before they are able to fully demonstrate their abilities. This interpretation explores the distinctive nature of the Catholic school’s mission – an anthropological distinctiveness that lies not primarily in the articulation of specific values, but in its capacity to establish relationships in which fragility never precludes possibility.

Keywords: Paul Ricœur; Jean-Baptiste de La Salle; anthropology of education; capable man; vulnerability; recognition; educational relationship; trust; authority; Catholic school.

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L’école catholique, un projet éducatif permettant à chacun « de s’épanouir dans sa personnalité et de s’insérer dans la communauté humaine comme un membre utile »

Claude Berruer*

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Résumé : Le système éducatif français, depuis son organisation à partir du XIXème siècle, vit une forte tension entre l’instruction de tous et la formation des élites, tant dans les établissements publics que dans les établissements catholiques. La réflexion impose de s’interroger sur les représentations de l’élitisme. L’école catholique, pour sa part, se veut ouverte à tous. Mais la mixité sociale et scolaire n’est pertinente que si elle engage une réflexion approfondie sur la conception de la culture, les stratégies d’apprentissage et la nature de la relation éducative et pédagogique.

Mots clés : Elitisme, Egalité des chances, Ascension sociale, Tradition éducative de l’Eglise, Relation éducative

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Affectivité et relation éducative.

Bertrand Bergier, Véronique Margron*

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Résumé : Dans la relation éducative, l’affectivité peut être aveuglante, manipulatrice, perverse, se réduire à une course au plaisir. Mais elle peut aussi donner de la confiance tout en permettant de faire l’expérience d’accrocs dans la relation, offrir de la sécurité tout en permettant au jeune de se risquer. Cet article explore les conditions éducatives d’une affectivité qui « fait grandir ».

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La relation éducative affectée.

Eclairages cliniques et philosophiques sur les pannes de la relation éducative entre adultes et adolescents

Ilaria Pirone*, François Le Clère**

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Résumé : Les travaux présentés dans cet article analysent les ratages éducatifs du quotidien, non pas comme une crise, mais comme l’impossibilité des adultes et des adolescents à s’inscrire dans une relation. Ces impasses sont analysées non pas comme des passages et des remaniements, mais comme l’expression d’une panne » caractérisant la « crise contemporaine de la relation éducative ». Nos dispositifs de recherche respectifs, construits à partir des approches cliniques d’orientation psychanalytique, nous amènent à penser comment la « panne narrative » des adolescents (Ilaria Pirone) produit en écho une « panne des interprétations » adultes (François Le Clère). Ces situations marquées par l’esquive du rapport intersubjectif adulte-adolescent, génèrent des tensions entre le désir adolescent et le désir éducatif, et brouillent la capacité des adultes à se positionner.

Mots clés : adolescence, clinique du lien éducatif, dispositifs pédagogiques.

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La relation éducative affectée

Eclairages cliniques et philosophiques sur les pannes de la relation éducative entre adultes et adolescents

Ilaria Pirone*, François Le Clère**

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Résumé : Les travaux présentés dans cet article analysent les ratages éducatifs du quotidien, non pas comme une crise, mais comme l’impossibilité des adultes et des adolescents à s’inscrire dans une relation. Ces impasses sont analysées non pas comme des passages et des remaniements, mais comme l’expression d’une panne » caractérisant la « crise contemporaine de la relation éducative ». Nos dispositifs de recherche respectifs, construits à partir des approches cliniques d’orientation psychanalytique, nous amènent à penser comment la « panne narrative » des adolescents (Ilaria Pirone) produit en écho une « panne des interprétations » adultes (François Le Clère). Ces situations marquées par l’esquive du rapport intersubjectif adulte-adolescent, génèrent des tensions entre le désir adolescent et le désir éducatif, et brouillent la capacité des adultes à se positionner.

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Affectivité et relation éducative

Bertrand Bergier, Véronique Margron*

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Résumé : Dans la relation éducative, l’affectivité peut être aveuglante, manipulatrice, perverse, se réduire à une course au plaisir. Mais elle peut aussi donner de la confiance tout en permettant de faire l’expérience d’accrocs dans la relation, offrir de la sécurité tout en permettant au jeune de se risquer. Cet article explore les conditions éducatives d’une affectivité qui « fait grandir ».

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La démarche personnaliste en éducation

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Michel Soëtard*

Résumé : On n’a guère de mal à montrer que la pédagogie moderne est née en même temps que  l’on prenait conscience que l’enfant n’était pas une pâte qu’il s’agissait de modeler selon des projets et des idéaux définis en dehors de lui, mais bien une personne à part entière qui méritait dignité et considération pour elle-même. Cette avancée philosophique et historique décisive n’a pourtant pas su gommer la difficulté qui se présentait immédiatement : cette personne que l’on voulait autonome, responsable et capable de décision, n’avait pas d’autre chemin pour se former que celui des déterminations qui pèsent sur elle dès la naissance, de l’aliénation à laquelle elle se trouve soumise d’entrée par l’éducation, des influences multiples qui  la modèlent… La visée de la personne comme idéal a ainsi dû s’articuler sur la réalité d’un individu qui prétend bien marquer bien son territoire. La grande tâche de l’éducateur fut alors, telle que Rousseau la met en scène dans son Emile,  et telle qu’elle persiste encore pour nous : comment associer, dans l’action pédagogique, la visée d’un accomplissement de la personne dans son essence, et son ancrage dans une individualité qui n’accepte pas de se laisser réduire à une belle Idée ? Continuer la lecture →