Archives par étiquette : Autonomie

La vulnérabilité : un chemin de fraternité ?

Géraldine Maugars[1]

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Résumé :
L’article interroge la vulnérabilité comme chemin de fraternité dans les institutions éducatives. Partant de la reconnaissance croissante des fragilités, il met en garde contre une pitié qui, malgré de bonnes intentions, peut enfermer la personne dans son handicap, renforcer sa dépendance et produire une relation de supériorité. À l’inverse, l’accueil juste de la vulnérabilité suppose une communauté éducative fondée sur l’équité, les droits et l’autonomie. La réflexion s’appuie sur Rawls, Aristote et les stoïciens pour penser une éducation qui ne réduise pas l’élève à ses faiblesses, mais l’aide à développer ses ressources, son jugement et sa capacité d’agir. Apprendre à affronter les difficultés, à maîtriser ses émotions, à communiquer et à coopérer devient ainsi une voie d’émancipation, dans la relation à autrui. La fraternité ne procède donc pas de la vulnérabilité elle-même, mais d’une communauté juste et d’une éducation à la force et à la maîtrise de soi.

Mots-clés : vulnérabilité ; fraternité ; éducation ; pitié ; justice ; autonomie ; force ; stoïcisme ; communauté éducative ; pouvoir d’agir.

Abstract:
This article explores vulnerability as a path to fraternity within educational institutions. Starting from the growing recognition of vulnerabilities, it cautions against a pity that, despite good intentions, can trap individuals in their disability, reinforce their dependence, and foster a relationship of superiority. Conversely, a just acceptance of vulnerability requires an educational community founded on equity, rights, and autonomy. Drawing on Rawls, Aristotle, and the Stoics, the article envisions an education that does not reduce students to their weaknesses but helps them develop their resources, judgment, and capacity for action. Learning to confront difficulties, manage emotions, communicate, and cooperate thus becomes a path to emancipation in relationships with others. Fraternity, therefore, does not stem from vulnerability itself, but from a just community and an education in strength and self-control.

Keywords: vulnerability; fraternity; education; pity justice; autonomy; strength; stoicism; educational community; power to act.

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La Gestion mentale : une pédagogie de la personne

Fondements éthiques et implications praxéologiques

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Jean-Pierre Gaté*

Résumé : La Gestion mentale d’Antoine de La Garanderie (1920-2010) propose un renouvellement de la pédagogie qui s’inscrit dans la dynamique de « l’apprendre à apprendre », avec le souci de rendre l’apprenant acteur et autonome dans la conquête des savoirs. Même si elle ne s’affiche pas explicitement comme une pédagogie « personnaliste », cette approche n’en comporte pas moins une dimension personnaliste, repérable autant à travers ses fondements éthiques que dans ses implications praxéologiques. Ainsi, en prenant appui sur une double caractéristique de la personne, tout à la fois « unique, irréductible, inassimilable à toute autre » et « ouverte à l’universel » (Avanzini, Mougniotte, 2012), cet article tente de relire, à l’aune de cette dimension, les écrits les plus suggestifs d’Antoine de la Garanderie ainsi que les expériences pédagogiques qu’il a inspirées. Continuer la lecture →

La démarche personnaliste en éducation

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Michel Soëtard*

Résumé : On n’a guère de mal à montrer que la pédagogie moderne est née en même temps que  l’on prenait conscience que l’enfant n’était pas une pâte qu’il s’agissait de modeler selon des projets et des idéaux définis en dehors de lui, mais bien une personne à part entière qui méritait dignité et considération pour elle-même. Cette avancée philosophique et historique décisive n’a pourtant pas su gommer la difficulté qui se présentait immédiatement : cette personne que l’on voulait autonome, responsable et capable de décision, n’avait pas d’autre chemin pour se former que celui des déterminations qui pèsent sur elle dès la naissance, de l’aliénation à laquelle elle se trouve soumise d’entrée par l’éducation, des influences multiples qui  la modèlent… La visée de la personne comme idéal a ainsi dû s’articuler sur la réalité d’un individu qui prétend bien marquer bien son territoire. La grande tâche de l’éducateur fut alors, telle que Rousseau la met en scène dans son Emile,  et telle qu’elle persiste encore pour nous : comment associer, dans l’action pédagogique, la visée d’un accomplissement de la personne dans son essence, et son ancrage dans une individualité qui n’accepte pas de se laisser réduire à une belle Idée ? Continuer la lecture →